Sacrilège et insignifiance. Sacrilège, car porter la main sur le Président
de la République doit être vécu comme une profanation insensée. C'est de
l'ordre du symbole, c'est désacraliser (ou, du moins, tenter de le faire) la
fonction présidentielle au travers de l'homme, c'est forcément un geste
ambigu dont son auteur n'a pas envisagé toutes les implications. Sans
condescendance mais en toute modestie, je doute personnellement qu'il ait
approfondi le sujet, qu'il ait réfléchi aux retombées de son action (forcément
irréfléchie), en tout cas apparemment très spontanée. Insignifiance, car en
dehors du symbole, c'est une atteinte à la personne (certes insupportable
dans les principes) minime en définitive, et dans nos temps de violence
actuels, tellement habituelle qu'on ne se retourne plus là dessus, tellement
banale somme toute qu'on pourrait presque se contenter d'un
Amicale des Retraités Indépendants et Cadres - Des AMIS et DE NOMBREUSES ACTIVITÉS
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lundi 21 juin 2021
La Chronique de Charles : Gifle.
Sacrilège et insignifiance. Sacrilège, car porter la main sur le Président
de la République doit être vécu comme une profanation insensée. C'est de
l'ordre du symbole, c'est désacraliser (ou, du moins, tenter de le faire) la
fonction présidentielle au travers de l'homme, c'est forcément un geste
ambigu dont son auteur n'a pas envisagé toutes les implications. Sans
condescendance mais en toute modestie, je doute personnellement qu'il ait
approfondi le sujet, qu'il ait réfléchi aux retombées de son action (forcément
irréfléchie), en tout cas apparemment très spontanée. Insignifiance, car en
dehors du symbole, c'est une atteinte à la personne (certes insupportable
dans les principes) minime en définitive, et dans nos temps de violence
actuels, tellement habituelle qu'on ne se retourne plus là dessus, tellement
banale somme toute qu'on pourrait presque se contenter d'un
lundi 7 juin 2021
La Chronique de Charles : Chasse à l'homme.
350 gendarmes aguerris (un gendarme aguerri, ce n'est pas rien.
Autant le gendarme standard normal peut s'avérer amène et bienveillant,
responsable du maintien de l'ordre sourcilleux mais sans acrimonie, plutôt
bonhomme, au contact et au service de la population, premier rempart
indispensable et apaisant contre les incivilités et autres querelles de
voisinage, peut rassurer, rasséréner et inspirer la confiance, autant le
spécialiste des cas difficiles, hyper-entraîné rompu à toutes les techniques de
combat, suréquipé, surarmé, caparaçonné dans son gilet pare-balles (tu ne
m'auras pas sur ce coup-là, il a comme une carapace, c'est vrai, mais en
réalité c'est un caparaçon), impressionne et suscite un respect mêlé d'un peu
de crainte, et ce même si on n'a, fort de son bon droit, rien à se reprocher.
C'est un homme de métier, un professionnel, il n'est pas formé pour être
gentil, il l'est pour être efficace. Ça ne me gêne pas vraiment que le
gendarme inspire ce type de sentiment, on dit d'ailleurs communément que la
crainte est le début de la sagesse, vieil adage mais peut-être plus vraiment
adapté à notre société moderne et un peu (?) déliquescente,
lundi 31 mai 2021
La Chronique de Charles : Vaines altercations.
L'autre matin, je suis tombé, bien malgré moi, sur une dispute de cour
de récréation. Le ton montait, je me suis inquiété certainement à tort, c'était
assurément à propos de peccadilles, ils allaient peut-être en venir aux mains,
je ne souhaitais certes pas m'interposer, par les temps incertains qui courent,
il y a facilement des coups de couteaux qui se perdent, je n'aurais pas voulu
faire partie des dégâts collatéraux (remarque bien, devant la télé je ne risque
pas grand chose), et puis comment le dire humblement et sans honte, la
témérité n'est pas mon fort, je sais donner mon point de vue, mais si c'est
pour prendre des coups non merci, je suis un peu trouillard, pas franchement
pleutre non plus, mais comme on dit par euphémisme, le courage ne
m'étouffe pas (Brassens le chante intelligemment beaucoup plus
poétiquement « mourir pour des idées, oui mais de mort lente ! ») les
menaces à peine voilées se sont précisées, elles ont pris carrément un tour
officiel, diffamation, abus de pouvoir, intimidation,
lundi 24 mai 2021
La Chronique de Charles : Le monde à l'envers.
En cette période où tout est apparemment différent (on voudrait nous le
faire croire), mais où tout ressemble furieusement au monde d'avant, dans
une continuité imperturbable qui devrait être rassurante, je me sens interpellé
dans ma perception des réalités, je ne réalise plus bien, je ne me sens plus
en phase avec le monde concret, en bref et pour employer une expression de
djeuns, je ne sais plus où j'habite, j'ai l'impression comme on dit vulgairement
de marcher à côté de mes pompes, ou plus précisément que c'est le monde
qui est en train de marcher à côté des siennes. Je ne vais pas te la rejouer
Lewis Carroll avec Alice au pays des merveilles et le coup de l'autre face du
miroir, mais quand même, la situation actuelle évoque à l'évidence un
onirisme échevelé qui confine à l'absurde, on se sent comme en apesanteur,
on n'arrive plus à déterminer où est la verticale, on n'a plus de vrais repères,
on se pince vainement pour vérifier qu'on ne rêve pas, ce n'est peut-être pas
franchement un cauchemar, mais on est proche du malaise, vivement le petit
matin qu'on se réveille, le sentiment de gueule de bois
lundi 17 mai 2021
La Chronique de Charles : Incertitude.
Les chiffres diminuent. Incontestablement, la pente descendante tant
espérée de leur courbe est désormais perceptible. On savait bien (on s'en
doutait bien à vrai dire) que les décisions gouvernementales ne sont pas
prises au hasard, le taux de reproduction de la maladie étant depuis quelques
jours en dessous de un, ce n'était pas un pari trop osé que de nous
« libérer » par anticipation, de relâcher un peu la pression, mais quand
même, la décroissance aujourd'hui avérée est un soulagement. Il y a toujours
beaucoup d'hospitalisations et d'entrées en réanimation, mais il y en a moins.
Il y a toujours des morts, mais de moins en moins en conséquence. Mais,
signe évident de cette amélioration, ces chiffres, il faut presque aller les
chercher, ils ne font plus la une, on préfère (quand je dis « on », je pense
« les journalistes » qui nous informent et nous inquiètent, histoire de faire le
buzz), on préfère entendre parler d'effets secondaires des vaccins, et de la
propagation soit-disant inéluctable de variants exotiques, ça, ça fait du scoop,
de l'audience, on s'était habitués sans état d'âme particulier à 300 morts par
jours, maintenant qu'il n'y en a plus que 250, ça ne nous amuse plus (ou
plutôt, ça ne les amuse plus parce que ça ne nous intéresse plus, on a les
journalistes qu'on mérite !).
lundi 10 mai 2021
La Chronique de Charles : Relâchement.
Les dernières heures vont être les plus difficiles à vivre. C'est comme
un décollage de navette spatiale retardé par une météo défavorable, tout est
prêt, il n'y a plus qu'à attendre, ce n'est quelquefois qu'une question d'heures,
pas question en ce cas de devoir reprendre toute la procédure et donc tout le
compte à rebours, c'est trop compliqué, non, il faut seulement attendre. Les
cosmonautes n'ont qu'à prendre leur mal en patience, et à se retenir un peu
de pisser, pas question de déboulonner tout le scaphandre pour une petite
envie
lundi 3 mai 2021
La chronique de Charles : Espérance.
Mi-mai ! On va être déconfinés mi-mai ! Peut-être, je dis bien peut-être.
Ce n'est pas une promesse ferme, c'est seulement l'échéance probable d'une
première étape, si tout va bien, si ça se passe comme prévu, et rien n'est
moins sûr pour l'instant. Le printemps, les petits oiseaux, les bourgeons sont
au rendez-vous, le mois de mai permissif et libertaire sera à l'heure, mais
peut-être pas le creux de vague tant espéré (il n'y a rien qui passe et qui ne
repasse, disait ma grand-mère, constatation sage et vérifiée par l'expérience,
mais je trouve pour ma part que ça fait un long moment que ça passe et que
ça dure, et j'aimerais bien que ça finisse de passer, je n'ai pas que ça à faire,
attendre que la vague passe ça me saoule un peu). Le reflux n'est pas
encore avéré que déjà, de peur d'être à la traîne, les diseurs de bonne
aventure patentés et autres haruspices improvisés et auto-proclamés
chasseurs de micros complaisants, nous promettent monts et merveilles, et
arguent d'images de liberté retrouvée dans des pays qui auraient fait
beaucoup mieux que nous ou que nos dirigeants, plus vite, plus fort (l'herbe
est toujours plus verte dans le pré d'à côté, disait aussi ma grand-mère).
C'est à qui nous montrera des foules non masquées, et des réunions festives
chopes à la main. Je m'insurge contre cette vision réductrice, voire étriquée
du bonheur,
lundi 26 avril 2021
Chronique de Charles : Marche à la boussole (suite et fin).
Il fallait ensuite rentrer, pas bien loin, mais quand même, une quinzaine
de kilomètres dans mon souvenir, tous étaient fatigués, nous un peu moins
que les autres qui eux, avaient crapahuté. Le chemin du retour, en ligne
droite, enfin aussi droite que faire se peut dans la région, notre patrouille un
peu plus fringante que les autres (faut-il le rappeler ?) en avant de la colonne,
juste derrière les chefs (pour la cérémonie rituelle toute l'équipe dirigeante
avait été présente évidemment, les chefs, les grands chefs, les aumôniers, le
Chef suprême [tout ça bien structuré, hiérarchisé, pyramidal, l'école de la vie
je te répète]).
lundi 19 avril 2021
Chronique de Charles : Marche à la boussole. (en deux parties)
J'ai été boy-scout. Rien que de très banal me diras-tu, rien de vraiment
méritoire, c'était une époque où les parents avaient le souci de ne pas laisser
les jeunes « à ne rien faire », et il n'y avait pas de smartphones,
de jeux vidéo ni de planches à roulettes pour se distraire (comment a-t-on pu
survivre, je me le demande encore ?). C'était bien avant 68, l'opinion publique
n'avait pas encore trop de préventions contre ce qu'elle allait désigner plus
tard comme des mouvements para-militaires, on ne se sentait pas du tout
comme une jeunesse manipulée. C'est ainsi que j'ai appris les rudiments de l'art de faire des nœuds
(c'est très utile, mais il faut bien l'avouer seulement dans de très rares
occasions, à part lacer mes chaussures, mais ça je savais déjà le faire avant,
j'ai aussi appris avec bénéfice à nouer mon foulard d'uniforme avant de porter
convenablement la cravate un peu plus tard), de monter correctement une
tente, le modèle canadienne six places précisément (aujourd'hui tu as des
modèles qui se déplient tout seuls, ce n'est que pour le remontage, pas
évident du tout, que tu as du souci à te faire, c'est comme du kit de meuble
Ikea, même avec la notice ça demande un apprentissage, ce n'est pas
toujours franchement intuitif), d'organiser le rangement d'un sac à dos (dans
la vie courante, ça ne t'est que moyennement utile, je te l'avoue), de trouver
du bois sec et d'allumer un feu sous le vent et une pluie battante (maintenant
tout ça te coûte une blinde dans des stages de survie en virtuel avec des
vidéos explicites et des tutoriels pleins de schémas, le tout parrainé par un
coach hors de prix), ce qui là encore ne m'a jamais été d'une grande utilité.
Dans cette communauté, tu en apprenais les valeurs, les codes, tu apprenais
le groupe, le respect des autres, le sens du collectif et du devoir, la discipline
consentie, et la débrouillardise, bref, c'était l'école de la vie,
lundi 12 avril 2021
La Chronique de Charles : Jours sans fin.
J'ai eu l'occasion de séjourner en Suède naguère, et d'apprécier
(modérément toutefois) la longueur démesurée des aurores et des
crépuscules. Plus les crépuscules que les aurores d'ailleurs, mais c'est
uniquement dû au fait que je suis un lève-tard, les couchers de soleil ont lieu
à des heures raisonnables, s'il faut « mettre le réveil » pour admirer le lever
du jour, tu trouves forcément moins d'amateurs, s'extasier à trois heures du
matin, il faut vraiment que ça vaille le coup, je ne prends pas le pari pour un
lever de soleil, je préfère cantonner mon sens esthétique à des horaires plus
confortables. Je me suis laissé dire que c'était dû à la latitude, et au fait que
la terre soit ronde, je ne t'explique pas tout, j'en suis incapable, j'étais nul en
cosmologie, je te l'ai déjà dit, et je n'aime pas insister sur mes carences, une
question d'amour-propre je suppose. Plus récemment, j'ai franchi pour quelques jours le cercle arctique dans
les eaux norvégiennes (pas vraiment dans les eaux, mais sur un bateau, un
bateau qui lui était vraiment dans les eaux norvégiennes puisqu'il faut tout
t'expliquer) (ce franchissement de cercle, c'est comme pour la vaccination, je
n'ai rien senti, ça ne m'a rien fait), heureusement qu'on me l'a dit,
lundi 5 avril 2021
La chronique de Charles : Enfermé dehors.
Jeune (très jeune), il m'est arrivé d'être enfermé dehors : La maison
familiale était le nid, le refuge, toujours ouvert, toujours accueillant. Ça peut
paraître paradoxal, la situation était banale, mais c'est comme ça que je l'ai
vécue, ressentie. Banale je vous dis, mais elle m'a marqué fortement, au
point de ressurgir de ma mémoire dans les circonstances un peu spéciales
que nous vivons aujourd'hui. Rentrant de l'école (à l'époque il n'était pas de
mise de traîner les rues, de baguenauder, on n'était pas conduit et ramené de
l'école en voiture, on y allait et on en revenait à pied, par le plus court
chemin), je fus un jour surpris de trouver porte close, empêché de rentrer
chez moi. Surpris, vaguement inquiet devant cette défaillance parentale tout
à fait inhabituelle, inimaginable même. Il devait bien y avoir une explication,
les moyens de communications n'était pas ceux d'aujourd'hui.
L'environnement paraît hostile tout à coup, il n'avait pas changé en réalité,
c'est le regard différent que je lui portais.
lundi 29 mars 2021
La Chronique de Charles : Quadrature du cercle.
Jeudi. Le grand show sanitaire désormais habituel se met en place. On
est avide de savoir comment notre vie va basculer, un peu comme pour les
grecs de la période classique, notre sort est décidé en haut lieu (par les dieux
de l'Olympe), et nous pauvres mortels n'avons plus qu'à nous plier à leurs
volontés, à nous faire vacciner quand ils le voudront bien, à arrêter de le faire
quand ils ne le voudront plus, à reprendre la quête impossible du vaccin
quand ils décideront d'arrêter de le suspendre, à nous masquer jour et nuit si
l'envie leur prend de nous l'imposer, à ne pas sortir sauf pour des motifs
impérieux dûment répertoriés, et consignés dans des documents strictement
horodatés, et en respectant des créneaux temporels de plus en plus exigus. La difficulté pour nos dirigeants empêtrés dans leurs contradictions est
immense : Assurément il faut agir devant l'évolution de la situation sanitaire,
des restrictions semblent devoir s'imposer, mais paradoxalement, il ne
faudrait pas qu'elles soient trop restrictives, ces restrictions, tout en
restreignant un peu, mais sans en avoir l'air, la territorialisation a permis de
gommer, de justifier un peu ce qu'elles ont d'inégalitaire, la difficulté est de
serrer la vis (vis à pas variable selon les endroits) sans qu'on s'en rende
compte, assez cependant pour freiner le virus, mais pas au point de gêner
beaucoup (trop?) la vie courante, les impératifs économiques et
considérations psychologiques ayant toute leur importance. Et puis va-t'en
essayer de faire respecter des mesures sanitaires contraignantes dans des
zones en reconquête républicaine
lundi 22 mars 2021
La Chronique de Charles : Bérézina.
Jeudi. Je m'étais promis de ne pas m'intéresser au communiqué
gouvernemental cette semaine, à quoi bon ! Déjà la prestation de la semaine
passée m'avait déçu, ça ne risquait pas de s'améliorer avec ce qu'on savait
aujourd'hui : l'incidence globalement stable de la maladie, mais avec,
incompréhensiblement, une augmentation lente et régulière du remplissage
des réanimations, surtout en Île de France, les accidents thrombotiques
imputés (à tort semble-t-il) au vaccin Astra-Zénéca, et, comme un coup de
poing en dessous de la ceinture, sa suspension d'utilisation dans plusieurs
pays. Petite note gaie de piccolo dans ce sinistre concert d'hélicons, le vaccin
Janssen à dose unique est agréé (une très bonne nouvelle si tu réfléchis
bien, déjà, le manque de doses est divisé par deux ! C'est rassurant, de fait,
tu n'auras pas non plus besoin de t'inquiéter de la disponibilité de la dose de
rappel). Mais à la maison, il faut bien l'avouer, ce n'est pas moi qui commande,
c'est Brigitte qui choisit impitoyablement les programmes, je peux seulement
avec sa permission regarder la télévision par dessus son épaule. Elle a
préféré Notre Ministre de la Santé qui a toute son attention, il arrive à peine
en retard, il n'a pas, lui non plus, le temps de se laver les mains au gel hydro-alcoolique, il a l'air d'avoir des informations importantes à communiquer, et
qui le chagrinent visiblement. Je ne suis pas grand expert en langage
corporel, mais je sens bien qu'il n'est pas là par plaisir, avec sa tête de
premier de la classe propre sur lui, il me fait penser à un candidat traqueur et
hésitant se présentant à un oral de rattrapage avec une note à peine
tangente à l'écrit de son examen. On le sent devoir expliquer une situation
dont il n'est pas responsable, bref,
lundi 15 mars 2021
La Chronique de Charles : Le bout du tunnel.
Le jeudi, c'est toujours un vrai bonheur que d'attendre le communiqué
officiel hebdomadaire du gouvernement. Ce jeudi, comme d'habitude, les
journalistes de service font du remplissage, surtout pas de silence sur la
bande son, pas de temps mort, pas de blanc, sur des images de l'avant-veille
pas toujours franchement raccord, et bavardent de façon plus ou moins futile
sur des sujets qui ne nous passionnent pas vraiment, prêts à s'interrompre à
la seconde où le Premier Ministre va parler. On suppute, critique (mais à
peine, et pour cause) les mesures qu'on croit prises et qui vont être révélées
(mais à confirmer, disent-ils sans pudeur), il y aurait même eu cette fois-ci
une fuite émanant d'un membre du Conseil de Défense (si c'est vrai) qui
rapporte un propos du Président qui aurait dit « Pas de confinement tant qu'il
y a des vaccins dans les frigos ».
lundi 8 mars 2021
Chronique de Charles : Sans viande ! (N'oubliez pas de lire celle d'hier)
Dans ma jeunesse, j'ai mangé à la cantine de mon lycée à partir de la
6
ème jusqu'au bac, j'ai mangé au restaurant universitaire pendant toutes mes
études qui furent longues et difficiles (il faut croire que je n'étais pas très
doué, j'ai souvent dû me cramponner), ça ne m'a pas traumatisé outre
mesure, c'est sûr que ça ne valait pas la cuisine familiale, ça m'a laissé
quand même quelques souvenirs impérissables (le risotto servi dans sa
marmite par tablée de huit qu'on pouvait retourner (pas la table, la marmite)
tant il était compact et collant, l'omelette aux œufs en poudre avec ses
épinards nature (et nature ce n'est pas vraiment bon, c'est pour ça qu'on y
met du beurre, ce n'est pas seulement pour l'expression), le steak haché
genre biscuit sec de ration militaire), mais ça n'a pas empêché de grandir
l'adolescent famélique et attardé que j'étais (même si chez moi, à l'instar des
grands immeubles d'habitation sans ascenseur ce sont les étages du haut qui
sont les moins bien meublés). Je n'avais et je n'ai toujours pas de réticences
à la restauration collective, j'ai même des souvenirs agréables de colonies de
vacances entre autres où j'ai parfois très bien mangé, j'ai également fort
apprécié, à mon grand étonnement du point de vue culinaire, un petit séjour à
l'Hôpital Militaire de Lille du temps où c'était vraiment un hôpital (j'avais bon
appétit, et je n'étais pas franchement malade). Après tout, dès qu'on se
retrouve en nombre, en voyage
dimanche 7 mars 2021
La Chronique de Charles : Mise au point. (Attention, autre Chronique demain !)
Le Premier Ministre communique officiellement. C'est notre rencontre
désormais hebdomadaire (rappelle-toi, hebdomadaire, c'est quand il y a une
bosse, s'il y en a deux, c'est chameau). C'est du sérieux, j'ai bien vu qu'il était
préoccupé, trop énervé, il n'a même pas pris le temps de se laver
théâtralement les mains au gel hydro-alcoolique, comme il le fait d'habitude,
histoire de faire exemple. On sentait bien qu'il était ennuyé (ennuyé c'est un
euphémisme, c'est ce que tu dis poliment quand tu veux être poli et ne pas
utiliser le mot qui te vient spontanément à l'esprit). Il a parlé de vérité, de
transparence, tant et tellement qu'on en deviendrait méfiant, si on ne l'était
pas déjà un peu. Il nous a appris que la situation sanitaire était dégradée, que
le virus progresse partout, ce qui tu me l'avoueras n'est pas franchement un
scoop. La bonne nouvelle, c'est qu'on a gagné du temps, les écoles
fonctionnent, quand ce ne sont pas les vacances, justement c'est le moment,
les vaccinations progressent, mollement, mais elles progressent (chi va
piano, va sano e va lontano). Et puis le confinement, ça ne marche pas
franchement, c'est très surfait,
lundi 1 mars 2021
La Chronique de Charles : Relation de cause à effet.
Il m'est arrivé, dans une de mes vies antérieures, de pratiquer une
discipline intitulée immodestement « Médecine et Chirurgie Expérimentales »
désormais disparue des programmes d'enseignement. Dans ces temps
lointains, un de mes collègues chercheur a voulu établir voire préciser la
relation qui pouvait exister entre aptitude locomotrice et masse musculaire
disponible, la question était d'intérêt même si ça ne saute pas d'emblée aux
yeux, c'est comme ça qu'avance la science. Son dispositif expérimental avait
le mérite de la simplicité : Une grenouille dans la fleur de l'âge et un mètre
ruban. On claque dans les mains, la grenouille effrayée saute, on mesure
précisément la distance franchie. Après amputation (sous anesthésie, « on
n'est pas des sauvages » disait Popeck) d'une patte, le même protocole est
appliqué trois fois de suite, on peut construire un abaque explicitant la
relation qui nous intéresse. Il se confirmait bien, et ce n'était pas vraiment
démontré jusque là, avec trois points sur la courbe, que moins la grenouille à
de pattes moins loin elle saute. Trois points seulement, car avec quatre
pattes en moins la grenouille ne saute pas, la distance est nulle mais ne peut
être validée. Mais mon collègue en tirait en outre une autre conclusion tout
aussi péremptoire qu'on a du mal à réfuter :« Quand on coupe les quatre
pattes d'une grenouille, elle devient sourde ».Rassure-toi, la science avance à grands pas (et pas seulement à saut
de grenouille), on le constate avec les vaccins, au train où ça va, dans un
avenir proche on va disposer des vaccins avant même que les virus soient de
sortie. Pour l'instant on court après eux, demain on va les précéder, ce n'est
pas une utopie, c'est déjà le cas (avec plus ou moins de bonheur) avec la
vaccination anti-grippale par exemple. Tu te demandes bien où je veux en
venir, et je vais répondre très vite à tes interrogations et te soulager, que tu te
ne fasses pas des nœuds dans la comprenette : J'entends des élus locaux,
régionaux et même plus, des responsables plus ou moins scientifiques, des
politiques de toutes tendances, des journalistes en mal de sensationnel
affirmer à partir de faits mal constatés, de chiffres disparates, d'anecdotes
comme il s'en racontait sur des coins de comptoir de bistrots (quand les
bistrots étaient ouverts, heureuse et révolue époque), affirmer avec des
accents de certitude qui me foutent le vertige, une relation entre l'heure du
couvre-feu et le nombre de cas positifs dans leur circonscription, cette
relation pouvant aussi bien être positive que négative (généralement en
fonction de la sensibilité politique ambiante), et je me remémore mon
collègue et sa grenouille soit-disant sourde. Il est tellement difficile d'établir
une relation de cause à effet, il est tellement facile d'établir des contre-vérités
avec une sincérité désarmante.
lundi 22 février 2021
La chronique de Charles : Injustice !
Quand tu n'as pas de chance, tu n'as pas de chance. C'est une
évidence, un constat inexorable. Rien ne sert de te rebeller contre le mauvais
sort, à l'inverse sombrer dans un fatalisme excessif serait également contre-
productif. N'empêche, il y a des gens favorisés par le destin, qui donnent
l'impression que tout leur sourit, et d'autres qui le sont apparemment
nettement moins, et qui vivent des galères inénarrables. « C'est vraiment trop
injuste » comme dit Calimero. Tout n'est pas que grandeur d'âme, que force
de caractère, tu as beau penser que tu mènes ta vie, que tu diriges ton
existence à ton gré, les aléas ont vite fait de te rattraper et de te faire des
croche-pieds en traître.Actuellement nous sommes tous confrontés à une épreuve un peu
difficile à vivre : la pandémie à Covid-19. C'est une maladie sérieuse,
redoutable même, effrayante en tout cas parce qu'encore mal connue, et
qu'elle peut, disons-le, parfois se terminer tragiquement (enfin, je dis ça pour
parler comme ma concierge, ou comme les journaux, tragiquement, ça ne
veut rien dire, ça dépend beaucoup de l'idée
lundi 15 février 2021
La Chronique de Charles : Statistiques
Depuis que les hommes savent compter (et ça fait maintenant un bon
moment), ils ont utilisé les statistiques. On en a la preuve sur tous les
continents. C'était d'abord un outil rudimentaire pour évaluer les récoltes (et
au passage calculer l'impôt, ça explique peut-être aussi pourquoi les
statistiques ont souvent mauvaise presse), c'est devenu un partenaire
habituel de l'information, information fondement du pouvoir. L'outil statistique
aide à trier, à synthétiser voire à comprendre cette information devenue, au
prétexte de transparence, trop abondante, envahissante même. Noyés sous
des flots incessants de données parfois mal vérifiées, on se retrouve assaillis
par des chiffres et des pourcentages claironnés d'autant plus fort qu'ils sont
sensationnels (et d'aucuns font tout pour qu'ils le deviennent encore plus). Aux dernières nouvelles Covid par exemple (les informations
contradictoires, erronées ou simplement imprécises et approximatives se
succèdent en une théorie infernale
lundi 8 février 2021
La Chronique de Charles : Comment veux-tu qu'on s'inocule ?
Ce vaccin, quand j'avance, il recule, comment veux-tu qu'on s'inocule ?
Ce n'est plus franchement de l'actualité, mais on s'en souvient encore, ce
n'est pas si lointain, la campagne vaccinale démarrait en fanfare fin
décembre, à grand renforts de média survoltés, de camions ou plutôt de
camionnettes escortées de motards jaunes à casques blancs et clignotants
bleus. Les petits vieux vulnérables susceptibles d'être fragiles en bout de
course dans les EHPAD n'avaient qu'à bien se tenir, ils n'auraient pas le
temps de seulement bouger une aile devant leur déambulateur qu'ils seraient
vaccinés avant d'avoir compris, tous autant qu'ils étaient, et avec leur
consentement éclairé mûrement réfléchi pour le même prix, ou tout au moins
celui de leurs parents le cas échéant. Tout était parfait, un peu lent peut-être,
mais parfait. On a eu droit à une première, la vaccination de Mauricette en public et
en direct à la télé, ça n'a pas rameuté autant de monde que la traversée de
l'Atlantique par Lindbergh mais presque, c'était quand même une première
intéressante, avec tout le staff en grande tenue (il y a des EHPAD en tension,
celui-là n'en faisait pas partie faut croire, en fond sonore la sonnette d'un petit
vieux
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